mercredi 10 septembre 2014

Bilan d'une action d’alphabétisation en prison




Depuis plus de 30 ans, l’ASBL Aide et Reclassement est active dans le domaine de l’aide et de la formation en prison.  Initiée dès 1982 par son service Enseignement, l’expérience de l’asbl s’est ensuite développée dans le cadre d’une activité en tant qu’Organisme d’Insertion Socio-Professionnelle.  En 2007, c’est  la cellule « alpha insertion » qui a repris la relève de l’OISP, en ciblant plus directement les besoins en alphabétisation et français langue étrangère (FLE)dans les trois prisons où l’asbl est active.

On se souviendra que l’ASBL a dû faire face, en 2007, à un changement de la réglementation régionale qui l’a contrainte à renoncer,à ses filières de formations en tant qu’OISP, entraînant la perte de plusieurs emplois.  Grâce à  l’appui du Fonds Social Européen  le reste  de son équipe s'est alors engagée dans un ambitieux programme « Tremplin pour l’insertion »,   recentrant son action de formation sur les besoins d’alphabétisation et de français langue étrangère.

Une des particularités de l’équipe « alpha insertion » est de réunir en son sein deux formatrices en alphabétisation (alpha-fle), trois agents de guidance, et une animatrice en habiletés sociales également en charge de la coordination locale dans les prisons de Huy et Marneffe  En 2009, elle a été renforcée  par l’apport d’une responsable pédagogique en charge de l’orientation des candidats aux formations. 

Le bilan 2013 du programme Tremplin pour l’insertion témoigne à la fois des avancées en la matière mais aussi des difficultés liées au contexte de travail carcéral.
Ainsi le volume global de l’action alpha-fle-guidance d’insertion s’est élevé à 5396h  (habiletés sociales comprises) en 2013, contre 1983h, en 2007.  Les fluctuations des différentes activités au cours de la programmation montrent toutefois que cette évolution n’a rien de linéaire et qu’elle est largement tributaire de conditions de terrain fluctuantes voire problématiques.


L’année 2014 constitue pour notre équipe une année de transition.  Arrivée au terme de la programmation du FSE (2007-2013) et dans l’expectative quant à une possible reconduction de ses actions, la cellule alpha insertion a dû poursuivre, cette année, un programme d’actions avec des moyens réduits (nous l’espérons temporairement).  Entre-temps un nouveau projet a été introduit dans le cadre d’un futur portefeuille « inclusion sociale des personnes fragilisées » qui devra passer le cap de l’examen par une « task force ». 

Outre la poursuite des actions en cours, le futur programme vise notamment à renforcer l’offre d’alphabétisation et de FLE à la prison de Huy.  Même si la tendance des formations en milieu carcéral est aux modules courts, notre expérience révèle que pour les participants débutants en alpha, le programme que nous avons pu proposer n’était pas suffisamment intensif et trop limité dans le temps.  Un regard rétrospectif sur cette activité atteste de la difficulté de la faire décoller, en terme de volume, dans la formule actuelle.  Il serait dommage cependant de négliger le potentiel qu’a révélé l’expérience durant l’année scolaire 2012 -2013.  Nous en avons tenu compte dans les propositions pour la nouvelle programmation.
 

Il reste à espérer que les décisions à venir permettront à Aide et Reclassement de poursuivre et d’intensifier son action d’alphabétisation dans les prisons.

Daniel Martin,
Coordinateur


 




vendredi 29 août 2014

Nouveau transfert pour l'aide aux justiciables



La réinsertion des personnes incarcérées, a souffert dans notre pays, des réformes successives de l’Etat qui ont eu pour effet de disperser les compétences respectives, en matière de gestion de la peine, d’aide aux détenus, d’éducation en prison au sens large (enseignement, formation, culture), d’aide sociale aux justiciables et celles qui régissent le dispositif d’insertion socioprofessionnel proprement dit.
Cet état de choses se répercute sur le plan institutionnel dans la difficulté de construire une politique cohérente  impliquant les différents niveaux de pouvoir mais également sur la qualité et la quantité des prestations qui peuvent être offertes sur le terrain aux justiciables, à différents stades de leur parcours.

Une nouvelle étape est en train de se jouer avec le nouveau transfert, au 1° juillet,  de l'aide aux justiciables qui passe de la Région Wallonne où elle avait pris place dans la politique sociale, à la Fédération Wallonie Bruxelles où elle devrait être intégrée dans un nouveau département (communautaire) de la Justice.  Ce transfert  suscite bien des inquiétudes de la part des associations concernées mais comporte peut-être des opportunités pour le futur.

A charge de la Communauté française depuis 1989, l'aide aux justiciables s'est trouvée scindée, en 2001 en trois entités. A l'expérience, un certain nombre d’incohérences résultant de la séparation entre les missions d’aide sociale aux justiciables, devenues régionales et celles d’aide aux détenus, restées communautaires ont été pointées par les associations chargées de ces missions. Un état des lieux du secteur  a  mis en évidence que l’éparpillement des actions menées à l’égard des justiciables, entre de multiples catégories d’agréments et  un grand nombre d’opérateurs,  avait pour conséquence des chevauchements mais aussi des failles dans le dispositif et des solutions de continuité dans  le parcours de la personne incarcérée puis libérée (1) .



Plus récemment, une recherche menée par le Relais social de Charleroi sur le phénomène du sans-abrisme a interpellé les autorités régionales en montrant qu’une des causes du phénomène se trouvait dans les difficultés et les besoins non couverts des personnes remises en liberté après une détention (2).

Les services agréés sont conscients de l’enjeu d’une meilleure transition entre l’aide offerte pendant la détention et celle qui peut être proposée aux personnes libérées.  Le durcissement des conditions de libération anticipée a toutefois pour effet d’allonger sensiblement la période préparatoire pendant laquelle les personnes, toujours considérées comme détenues du point de vue légal, sont amenées à effectuer des démarches sociales et administratives voire à entamer un suivi psychologique auprès d’un service ambulatoire, dans le cadre de mesures telles que des permissions de sortie, de congés et, de plus en plus souvent, d’une mise sous surveillance électronique.  La  prise en charge de ce  public au sein des Services d’aide aux justiciables serait de nature à amorcer efficacement la suite de leur parcours d’insertion mais elle ne peut aujourd’hui être financée sur base de la réglementation existante.  

Dès 2007, le programme Tircis Tremplin pour l'insertion a fait de cette articulation un de ses objectifs opérationnels : c'est ainsi, par exemple, que des permanences psychologiques ambulatoires ont été organisées pour des permissionnaires et autres bénéficiaires de congés.  Une procédure de reprise de contact a également été mise en place pour les anciens stagiaires de formations qui ont bénéficié d'une guidance d'insertion.On se souviendra que l'ASBL  Aide et Reclassement a lancé, en 2012, un programme d’échange de bonnes pratiques avec l’ASBL Trempoline qui faisait également partie du même portefeuille de projets et un panel d’associations bénéficiant d' une expérience en matière de formation sociale .  Sous le titre « Interface Formation Insertion », ce programme d’échanges a récemment débouché sur un rapport final qui peut être consulté sur le site du projet (3).

Les partenaires du projet ont tenu à y souligner la nécessité d’un dispositif coordonné. Les services d’aide aux détenus sont appelés à jouer un rôle structurant du dispositif non seulement au plan organisationnel mais également par leur contribution à l’élaboration du plan de réinsertion des détenus qu’ils prennent en charge.  Leur nouvelle mission de coordination locale les habilite à jouer un rôle privilégié d’interface dans l’encadrement du parcours d’insertion de la personne incarcérée.  Il y a lieu d’établir de réelles connexions entre tous les acteurs (internes et externes) concernés par la réinsertion, pour réussir un travail en profondeur.  Cette dimension devrait avoir une place entière dans les organes de concertation prévus par les nouveaux accords de coopération (4). L’analyse comparée des pratiques de formation sociale en prison et dans une structure intermédiaire pour toxicomanes (le service réinsertion de l’ASBL Trempoline), suggère en outre l’opportunité de passerelles systématiques avec les opérateurs d’insertion (SASJ, EFT, Régies, etc.) permettant à la personne libérée un encadrement plus soutenu pour construire et mettre en œuvre un projet d’insertion réaliste et durable.
L'équipe d'Aide et Reclassement  a puisé  dans ces recommandations, un certain nombre d’éléments structurants pour un  portefeuille de projets « inclusion sociale des personnes fragilisées » en réponse au nouvel appel à projets du Fonds social européen.  Nous aurons l'occasion d'en reparler prochainement.
Entretemps, certaines intentions formulées dans le contexte du transfert et, plus récemment, lors de la déclaration de politique communautaire laissent entrevoir un espace pour de telles préoccupations dans la future politique du Gouvernement de la FWB, même si l'arrière fond de rigueur voire de rationalisation budgétaire ne permet pas trop d'optimisme.
(1) Etat des lieux du secteur de l’aide sociale aux justiciables en Région Wallonne, Commission consultative wallonne de l’aide sociale aux justiciables 2008, 65p.  
(2)Rapport de  l’étude réalisée par LELUBRE, Marjorie,  chercheuse au Relais social de Charleroi, 2008.
(3) Le projet Interface Formation Insertion en prison : bilan d’un échange de bonnes pratiques, ASBL Aide et Reclassement, décembre 2013, 68 p.
http://www.interfaceformationinsertion.be/
(4)Accord de coopération entre l'Etat fédéral, la Communauté française et la Région wallonne en vue de créer une politique carcérale cohérente dans le respect des compétences des entités fédérées et de l’autorité fédérale. Signé le 23/5/2014.


 
Daniel Martin
Coordinateur Aide et Reclassement
+ 30 ans au services des justiciables



lundi 11 août 2014

2014 Année de transition

A bien des égards, l'année en cours apparaît comme une année de transition tant pour les actions  de l'ASBL Aide et Reclassement que pour son contexte de travail.

Poursuite du programme TIRCIS Tremplin pour l'insertion

Précisons le d'emblée, l'ASBL a eu la possibilité de poursuivre cette année les projets relevant de la programmation 2007-2013 du F.S.E.  S'appuyant sur les décisions du Gouvernent wallon, elle a bénéficié, en effet, d'un préfinancement F.S.E. pour l'exercice civil 2014, à la condition notamment de s'engager à introduire une demande d'intervention dans le cade de la future programmation 2014-2020.  Nous y reviendrons. En pratique,  le montant de l'aide accordée par le F.S.E. a été déterminé par la moyenne des engagements  des années antérieures. Cela se traduit par une baisse (temporaire, nous l'espérons) de 25.000 euros des moyens d'action affectés au projet, avec  ce que cela implique de contraintes supplémentaires pour la gestion des ressources du projet, singulièrement en terme de personnel affecté et de moyens de fonctionnement pour des objectifs équivalents. 
Certes l'exercice pourra, idéalement, émarger également à la nouvelle programmation (2014-2020) pour autant que le nouveau dossier soit retenu.  C'est donc avec impatience que nous avons attendu l'annonce du nouvel appel à projets.  Comme beaucoup d'associations, nous avons découvert le 14 mars les règles de ce nouveau concours et le délai, particulièrement court, pour introduire nos projets.
Une des particularités du nouvel appel était l'obligation de rattacher nos projets à un portefeuille de projets à l'intérieur duquel il fallait construire une cohérence entre les différentes initiatives qui le composeraient.
A cet égard, nous avons peu compter sur les enseignements et les contacts établis durant deux ans dans le cadre du projet d'échanges Interface Formation Insertion (voir notre site www.interfaceformationinsertion.be) et sur l'appui de la DGO5 du S.P.F. Wallonie pour la redynamisation du portefeuille "Inclusion sociale" auquel nous étions rattachés.
Nous aurons l'occasion de revenir sur les principaux accents du nouveau projet qui a été  introduit dans les temps et pour lequel nous attendons désormais une décision.  Après les avis des experts de la Task Force, viendront les arbitrages gouvernementaux, le tout, nous l'espérons, le plus tôt possible (début 2015, sans doute).  Certes, la situation d'attente dans laquelle nous nous trouvons n'est pas confortable  mais la qualité des projets, la détermination des partenaires, l'engagement de l'ASBL et de ses équipes devraient nous permettre de faire face à ce nouveau défi.


vendredi 13 décembre 2013

Etats Généraux sur les prisons : Aide et Reclassement rappelle l'importance du soutien du Fonds Social Européen à l'offre de services en Communauté française.



Le 22 novembre dernier, se sont tenus au Parlement fédéral, les premiers Etats Généraux sur les prisons. Initiative du Conseil Central de Surveillance Pénitentiaire.  Cette journée a réuni quelques 150 participants autour de quatre thèmes principaux :
1° la surpopulation pénitentiaire;
2° le service garanti dans les prisons en cas de grève;
3° l'aide psychosociale aux détenus;
4° les soins médicaux pour les détenus.
Le programme, particulièrement copieux, était fort de 22 interventions, chacun des thèmes étant introduit par une présentation d'un représentant d'une commission de surveillance d'une des prisons belges. Suivaient ensuite, selon les thèmes abordés, les points de vue de chercheurs, fonctionnaires de différents départements, directeurs de prisons, d'une organisation syndicale, ainsi que de diverses instances telles que l'Observatoire International des Prisons, la Ligue des droits de l'homme, le Centre pour l'Egalité des Chances.
Le 3° thème de la journée prévoyait des interventions d'un haut fonctionnaire de l'administration pénitentiaire, Mr Werner Vanhout au sujet du Service PsychoSocial des prisons, d'un coordinateur de la Communauté flamande et de la principale structure socio-culturelle "De Rode Anthraciet". 


C'est dans le cadre de cette partie des Etats Généraux que le coordinateur d'Aide et Reclassement, Daniel Martin, a eu l'opportunité de présenter un état des lieux de l'offre d'aide et de services dans les prisons en Communauté française.  Après avoir rappelé le rôle central confié aux 17 associations d'aide aux détenus reconnues par la Fédération Wallonie Bruxelles, il a souligné l'importance d'une approche interministérielle de l'offre de services en milieu carcéral et les efforts qui ont été accomplis dans cette perspective au cours de la législature.  Il a terminé son intervention en rappelant quelques-uns des obstacles qui continuent à contrarier l'exercice des compétences confiées aux entités fédérées (Communauté et Régions).


Faute d’une politique d’ensemble des entités fédérées et d’une réelle concertation entre celles-ci et l’autorité fédérale,  les activités et services proposés sur le terrain, dépendent  encore, largement, du dynamisme et de l’initiative d’une pléiade d’associations subventionnées ou non, dont l’action en prison ne représente parfois qu’une fraction restreinte de leur champ d’activités voire d’initiatives individuelles.

A côté des opérateurs associatifs, il faut certes noter, dans le domaine de l’enseignement, le rôle important joué par l’Enseignement de Promotion Sociale (E.P.S.).  Celui pourrait conférer à ce secteur particulier un caractère  structurel et pérenne, s’il n’était lui-même, pour 50% des 20.000 périodes consacrées  à  l’enseignement en prison, tributaire du Fonds Social  européen dont la continuité au-delà de 2013 reste encore fort incertaine.  On n’ose imaginer l’impact qu’aurait une suspension  voire une suppression de cet appui européen sur  l’offre d’enseignement.  Relevons également dans ce cadre,  les synergies qui ont pu s’établir depuis 2009, entre l’E.P.S. et le secteur associatif, à travers le partenariat mis en place par la Fédération des Associations de Formation et d’Education en Prison (FAFEP), dans le cadre du programme REINSERT.

Au moment où nous rédigeons ces lignes, l'annonce d'une année de transition permettant de poursuivre des programmes tels que Reinsert ou au plan plus local le projet Tircis Tremplin pour l'Insertion est venu rassurer, en partie, les opérateurs engagés dans ces actions. Il n'en reste pas moins que les montants annoncés pour 2014 sont en recul et qu'ils se traduiront forcément par une limitation des actions programmées pour l'année à venir, alors que les prisons sont plus que jamais mises sous pression du fait de la surpopulation.


jeudi 25 juillet 2013

Collaborations des SAD avec le secteur de la formation professionnelle et de l'insertion socioprofessionnelle



Depuis leur mise en place, les Services d'Aide aux Détenus agréés par la Communauté française  mènent leurs  différentes missions dans une perspective de réinsertion sociale.  L'aide qu'ils sont appelés à apporter aux personnes détenues ou sous surveillance électronique, vise à favoriser une participation active de leurs bénéficiaires à la vie sociale, économique et culturelle.  Dans le cadre des suivis individuels,  ils sont régulièrement appelés à établir des contacts avec les organismes tels que l'Onem, le Forem ou Actiris, dans le cadre de l'aide à la préparation des plans de réinsertion des détenus qu'ils suivent.  Certains d'entre eux ont établi des collaborations avec  Carrefour emploi formation pour organiser des permanences à l'occasion desquelles, les détenus peuvent obtenir des informations spécialisées sur les formations (extérieures) et les filières d'emploi.  Précédemment ce type de consultations étaient assumées par des conseillers du Forem qui venaient en prison, formule qui a toutefois été interrompue suite à une réorientation des priorités du Forem vers d'autres publics.
 
Etant donnés le contexte général du marché de l'emploi en  Wallonie et à Bruxelles, le faible niveau général de qualification et les difficultés particulières que pose l'accès à l'emploi pour des personnes qui ont séjourné en prison,  les S.A.D ont, depuis de nombreuses années, établi des collaborations privilégiées avec divers organismes du secteur de l'Insertion socio-professionnelle, en particulier les Entreprises de Formation par le Travail (E.F.T.)  Ces échanges visent à faciliter l'accès de ce public loin de l'emploi vers des associations qui offrent un cadre de mise à l'emploi ou de formation complémentaire répondant à certains besoins de cette population.  En pratique toutefois, les contraintes financières de ces organismes et les difficultés propres à ce public ont pour effet qu'un petit nombre seulement d'entre eux peuvent y obtenir une place et que les associations sont réticentes à accueillir plus d'un ex-détenu à la fois.

Une des difficultés particulières est liée au processus de décision propre au Tribunal d'Application des Peines (T.A.P).  Un détenu doit pouvoir garantir qu'il peut entrer à sa libération dans une formation ou un emploi.  Ceux-ci doivent, par contre, être négociés sans connaître la date effective de libération. 
Comme la situation économique de ces services ne leur permettent pas de geler des places pour être en mesure d'accueillir des sortants de prison, une formule a fait l'objet d'une expérience prometteuse entre plusieurs établissements pénitentiaires (Andenne, Namur et Dinant), les E.F.T. et O.I.S.P. locaux ainsi que les S.A.D. concernés.  Il s'agissait d'assurer une synergie entre les différents acteurs  pour optimaliser la mise à disposition de places dans ce bassin régional, grâce à un appui du Forem dans le cadre de la réglementation sur le Dispositif d'Insertion Socioprofessionnel (DIISP).  L'expérience, connue sous le nom API, a malheureusement été interrompue.

Conformément à leur mission de facilitation de l'accès des personnes détenues aux éléments du dispositif d'insertion, divers S.A.D. organisent périodiquement des plateformes d'informations sur les formations et les possibilités d'emploi.  Ce type d'initiative présente un double intérêt : 1°mettre les détenus en contact avec les organismes avant même qu'ils n'aient la possibilité de s'y rendre à l'occasion d'une permission de sortie; 2° donner l'occasion à ces organismes de mieux comprendre les difficultés spécifiques de ce public et les contraintes auxquels ils sont confrontés du fait de la détention.

Sur le terrain local des prisons, les S.A.D. ont reçu récemment une mission de coordination des initiatives de formations, culture , sport et autres activités proposées par des organismes extérieurs.  A ce titre, ils sont régulièrement en contact avec les organismes de formation professionnelle qu'il s'agisse d'OISP ou d' Ecoles de promotion sociale.  Ils jouent un rôle de facilitateur et de relais entre les directions de ces organismes et les autorités de la prison.  Ils contribuent à l'accueil et à l'accompagnement des formateurs extérieurs.  Ils ont également un rôle dans l'organisation interne face aux multiples contraintes de la vie carcérale. 

Les S.A.D. jouent également un rôle actif dans le cadre du Comité local de suivi, dispositif mis en place initialement dans le cadre du Projet "Insert" de l'Enseignement de promotion sociale avec l'appui du Fonds Social Européen.   Plusieurs d'entre eux (Huy, Charleroi, Neufchâteau et le SLAJ-V à Bruxelles) sont du reste partenaires de l'actuel programme "Reinsert" qui contribue largement à l'offre de formations dans les prisons.  Trois E.T.P. ont été dégagés dans ce cadre, pour faciliter l'orientation et l'accompagnement pédagogique des détenus qui s'inscrivent dans les formations de promotion sociale en prison.

Signalons encore que plusieurs S.A.D. ont établi des conventions de collaboration avec des OISP et que  quelques-uns d'entre eux organisent eux-même des formations (notamment en alphabétisation) ou des modules d'habiletés sociales. 
C'est le cas du S.A.D. de Huy dans le cadre de son projet TIRCIS Tremplin pour l'insertion, avec le soutien de l'Union européenne.

Enfin, sous le nom "Interface Formation Insertion", un processus d'échange de bonnes pratiques entre plusieurs S.A.D. et associations actives dans le domaine  de la  formation sociale  a été mis en place par l'ASBL Aide et Reclassement. Il a fait l'objet   d'un projet particulier soutenu par la Fédération Wallonie Bruxelles, en 2012. Le rapport final de ce travail qui a été accompagné scientifiquement par un chercheur du Centre de Recherche et d'Initiative Sociale de l'Ulg et les  recommandations qui en découlent seront prochainement disponibles sur le site www.interfaceformationinsertion.be


Nous en reparlerons prochainement.


Daniel Martin,
Coordinateur 
Aide et Reclassement.

mardi 30 octobre 2012

Deux fonctions à l'interface des formations et de l'aide à la réinsertion.

La coordination locale des interventions en prison connaît depuis le début de l'année  d'importantes évolutions dans l'ensemble des prisons francophones.  L'asbl Aide et Reclassement s'est résolument engagée dans ce mouvement mettant en place, au fil des années, divers projets et initiatives visant à soutenir la cohérence des interventions dans les prisons où elle intervient. 

C'est ainsi que deux nouvelles fonctions ont progressivement acquis droit de cité : celle de coordinatrice locale formations, sport et culture, initiée depuis 2005 au CPE Marneffe et plus récemment à la prison de Huy et celle de responsable d'orientation et de guidance pédagogique, opérationnelle depuis 2009 dans ces deux prisons.

Afin de mieux faire connaître ces deux fonctions encore assez novatrices, les deux titulaires ont réalisé, pour chacune des prisons,  une brochure de présentation à l'attention du personnel  et des détenus.

On y apprend que la responsable pédagogique a principalement pour rôle l'information et l'orientation pédagogique de tous les détenus pour le choix d'une formation qui tienne compte du niveau de connaissance, de la personne et de ses projets. Elle assure la gestion administrative des données relatives au parcours des apprenants et la constitution des fiches pédagogiques mises en place par la F.A.F.E.P. (1) Enfin elle propose un suivi pédagogique aux élèves qui s'inscrivent dans une des formation mises en place par l'I.P.E.P.S.(2).  Ce suivi pédagogique concerne principalement la motivation et les méthodes de travail pour faciliter l'étude.

De son côté, la coordinatrice locale remplit un triple rôle :


1° l’analyse des besoins et la proposition de réponses possibles  (étudier l’offre et la demande en matière d’activités,  proposer des activités adaptées à la direction et aider à leur mise en place;
2° facilitateur et personne-relais pour tout ce qui concerne
l'information et la promotion de toutes les formations et activités  (afficher, faire fonctionner les talons d’inscription, passer les infos pour le Canal TV et l’Intranet, etc.);
l'accueil des nouveaux intervenants, le soutien à la gestion technique  ( compatibilité des horaires, disponibilité des locaux, commandes de matériel scolaire)...
le suivi des activités (relais entre les extérieurs et le personnel, entre les directions, information et sensibilisation du personnel).
3° Elle prend également en charge l'organisation d’activités ponctuelles (séances d’information, représentations culturelles, activités artistiques ou autres).

Afin d'accomplir ces différentes tâches, d'une manière complémentaire et dans un esprit de concertation  permanente, nos deux chargées de missions participent en outre aux réunions du comité local de suivi (C.L.S.), aux conseils de classe des formateurs et à diverses plates-formes d'information.  Deux fonctions à l'interface des formations et des autres actions partageant un objectif de préparation à la réinsertion qui méritent d' être connues.

(1) Fédération des Associations pour la Formation et l'Education en Prison
(2) Institut Provincial d'Enseignement de Promotion Sociale Huy- Waremme. 


vendredi 26 octobre 2012

Bientôt la 3° édition du Guide de la réinsertion.

Depuis 2009, l'équipe de Tremplin pour l'insertion édite le Guide pratique de la réinsertion pour Huy et sa région.  Initialement  conçu pour faciliter les démarches des détenus libérés ou préparant leur réinsertion prochaine, le guide s'est avéré utile pour bien d'autres justiciables et usagers de nos services.  Son caractère résolument pratique et son format compact en font un vade-mecum idéal.  La deuxième édition avait déjà permis d'en améliorer la présentation.  Vu le succès de la formule et l'intérêt qu'il avait suscité de la part de nombreux organismes ressources dans l'arrondissement de Huy-Waremme, nous avons résolu de préparer une nouvelle édition.  L'équipe sociale, aidée du secrétariat s'est appliquée au fastidieux travail d'actualisation des coordonnées des multiples organismes et de vérification de leur offre de services.  Les conseils pratiques ont été ajustés en tenant compte d'inévitables évolutions de la réglementation.
La 3° édition du Guide pratique de la réinsertion comportera deux rubriques en plus (vingt au total).  Une attention particulière a été portée à l'identification des différentes possibilités de formations (qualifiantes ou préqualifiantes) et d'aides dans la recherche d'un emploi : de l'information au jobcoaching en passant par les O.I.S.P., E.F.T et autres régies de quartier.  Mais se réinsérer implique également la recherche de réponses à des questions aussi diverses que : "comment me loger, me meubler, obtenir une aide sociale, psychologique ou juridique voire me distraire ou même avoir accès à un cyber espace?".  Un outil destiné à faciliter l'autonomie des usagers qui pourront toujours trouver des indications complémentaires auprès du Service d'aide sociale aux justiciables ou des autres services repris dans le guide. La parution de cette 3° édition est annoncée pour tout début 2013.